L'Afrique Autrement

Le Coton conventionnel profite mieux aux “cotonculteurs”

A la suite d'une étude comparative sur les rendements sur la production du coton BT et le coton conventionnel, Inades Formation Togo, point focal de la coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain, (COPAGEN) est claire là dessus.

Les résultats d’une étude comparative sur la rentabilité de la culture du Coton BT et le coton conventionnel aux cotonculteurs réalisée et présentée à la presse jeudi 27 Septembre 2018 à Lomé par l’ONG Inades-Formation Togo, point focal de la coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain, (COPAGEN) démontre clairement que “le coton BT ne profite pas mieux aux agriculteurs que le coton conventionnel.

Dans presque tous les paramètres utilisés au cour de cette étude, cette évidence est confirmée et devrait permettre ultérieurement d’aider Inades Formation dans l’accompagnement de ces cotonculteurs et le plaidoyers à venir. 

Le contexte

Depuis plusieurs années, le coton BT est introduit dans l’agriculture de plusieurs pays d’Afrique dont le Togo. Contre le coton conventionnel.

Comprendre du coton BT, ce coton produit avec un grain dans lequel il est incorporé depuis la base de la bactérie Bacillus thuringiensis qui permet d’éviter, de la semence à la récolte, donc lors de sa croissance, que des insectes et des chenilles dérangent les feuilles du plant. ce qui lui garanti une croissance paisible.

Ce pari entre autre est réel et gagné. En tout cas selon les résultats de cette étude. Mais les agriculteurs ne semblent pas avoir été satisfaits de l’autre promesse selon laquelle e coton BT devrait apporter plus de la valeur ajoutée.

“Il est arrivé dans ce cas qu’ils s’en prennent aux autorités dans certains pays pour être remboursés” explique Séna Adessou, le directeur exécutif de Inades Formation Togo à la conférence de présentation des résultats de l’étude.

C’est pour mieux comprendre ce qui s’est passé que l’ONG Inades-Formation Togo, point focal de la coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain, (COPAGEN) a mené cette étude sur le coton OGM à base de la bactérie Bacillus thuringiensis au Burkina Faso pour ressortir une évaluation claire et comparative de la production du coton conventionnel et celle du coton Bt.

Le thème retenu pour la publication des résultats de cette étude est « le coton BT et nous, la vérité de nos champs »

Des Résultats de l’étude

Présentation des résultats de l’étude jeudi au siège de Inades Formation Togo

Sur un échantillon de recherche réduit à 80% de la production totale de coton au Burkina Faso, avec des caractéristiques climatiques homogènes limitant les biais d’observation dus à des aléas, prenant en compte 203 producteurs chercheurs, 75% cultivent du coton BT et 25%.

Selon la présentation qui a été faite, l’étude révèle en premier lieu “un très faible respect des préconisations de production BT”. Par conséquent, l’incidence sur le rendement est négatif par rapport à la production du coton conventionnel, alors que que l’une des promesses est l’augmentation des rendements de 30 à 35 % en moyenne.

Contrairement à la promesse de réduction des coûts de production avec le BT, l’étude a montré plutôt toute autre chose.

Le prix de la semence du coton Bt par exemple est en moyenne 8 fois plus cher soit 27 % contre 1 % pour le coton conventionnel. La main d’oeuvre salariée a augmenté de 44%, même si celle familiale a diminué de 22 %. 

Par contre, les dépenses d’insecticides à l’hectare ont diminué de 83% dans les mêmes conditions.

De même, les rendements n’augmentent pas avec le coton Bt. L’étude, selon M. Séna Adessou de Inades Formation Togo, a démontré une diminution de 7 % du rendement du Coton Bt par rapport au coton conventionnel.

Et il affirme que “les revenus n’ont pas aussi évolué”.  Le profit moyen des producteurs de coton Bt, directement proportionnel au rendement à l’hectare est inférieur d’environ 7% à celui des producteurs de coton conventionnel.

Par ailleurs, sur le terrain, plusieurs producteurs constatent un amenuisement de l’efficacité du coton Bt face à la chenille d’hélicoverpa armigera et voient leurs champs attaqués

Enfin, cette étude aura révélé que le choix du coton Bt ne “contribue pas à la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie”.

Et la gestion des risques s’est affichée chaotique. Faiblesse généralisée de la traçabilité du coton Bt et à tous les niveaux de la chaîne de production qui va de la semence à l’usine.

Il est fort évident que les résultats de cette étude vont servir à renverser la tendance à cette culture les années à venir.

Inades Formation Togo y veillera.

Ken LOGO

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