L'Afrique Autrement

L’UFC, entre “exister et remobiliser” autour d’une ancienne-nouvelle idéologie

D'ici deux ans, Gilchrist Olympio qui a annoncé la fin de son parcours politique, devra passer totalement la main à la faveur d'un congrès qui se prépare.

Pour sa sortie ce mardi face à la presse autour des questions d’actualité, l’UFC, Union des Forces de Changement, qui depuis quelques années a régulièrement utilisé le domicile de son président Gilchrist Olympio pour ses sorties médiatiques, a retrouvé le siège du parti derrière le commissariat du 3e arrondissement de Lomé.

Peut être le début d’une nouvelle dynamique naissante, Africa Full Success a pu constater qu’autour de la table, les vieilles figures qui ne ‘font pas l’unanimité au sein du parti’, ont laissé place aux plus jeunes, avec une certaine fouge et détermination à redonner une image positive au parti. Quelque chose que qu’il a perdu depuis la signature en Août 2010 avec le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Il s’agit des conseillers Prof. Isaac Tchiakpé et Dr Gada Folly, Dr Séna Alipui … appuyés par les ministres André Johnson de l’environnement (actuellement en poste) et Mme Léonadina De Souza (ex ministre des droits de l’Homme et de la consolidation de la démocratie).

Gilchrist Olympio qui a annoncé depuis plusieurs mois qu’il se retirait de la politique en appelant Faure Gnassingbé à sortir par la grande porte et ne pas se présenter à la présidentielle de 2020, se prépare à passer la main.

Le symbole est clair. La perception et les commentaires qui sont fait des sujets de l’actualité tonnent autrement. C’est évident que du sang neuf s’affiche pour prendre la main et M. Olympio peut être rassuré.

C’est le message que notre rédaction a détecté de la conférence de presse des jeunes lieutenant de l’UFC ce mardi à Lomé.

“C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle. Gilchrist Olympio, le président national va effectivement se retirer comme il l’a annoncé. D’ici deux ans, le parti va pouvoir tenir son congrès de renouvellement de ses instances. Mais, souffrez que nous prenons le temps d’apprendre le nécessaire de lui” a déclaré Isaac Tchiakpé interrogé sur la jeunesse de ceux qui étaient autour de la table.

 

Se servir de la même stratégie et relancer le parti

Isaac Tchiakpé et Folly Gada, des conseillers de l’UFC et de Gilchrist Olympio (C) Ken LOGO

Si depuis le début de l’accord entre Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé, la philosophie de l’Alternance négociée a été mal expliquée, ou même ceux qui sont les véritables acteurs de cette philosophie en parlent très peu, préférant parfois des négociations de couloir pour atteindre l’alternance tant souhaité, la nouvelle flamme, semble prête à l’affrontement des idées sur cette philosophie et publiquement.

Prête à en débattre, depuis le problème posé par la représentativité du parti à la CENI inclusive ( définie par le comité de suivi de la feuille de route de sortie de crise de la CEDEAO, Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, pour plus de crédibilité dans l’organisation du scrutin législatif du 20 décembre prochain, ndlr), ces jeunes avaient saisi toutes les opportunités-médias (malgré les critiques) pour se prononcer plusieurs fois avant la conférence de presse de ce mardi 30 Octobre 2018.

Alternance pacifique et négociée, Gilchrist Olympio, 80 ans et plus aujourd’hui, en signant l’accord des braves en 2010 avec Faure Gnassingbé, y croyait vraiment jusqu’en novembre 2017 quand lui même, publiquement lors d’une conférence de presse animée en son domicile, s’est mis à l’évidence pour annoncer “l’échec de cette idéologie”.

Mais visiblement restés dans le silence avec la méthode “OLYMPIO” pour la mise en oeuvre de cet accord, les conseillers de Gilchrist ont montré à la conférence de presse de ce mardi au siège de l’UFC, qu’ils veulent reprendre le flambeau et faire réussir “la sortie de Faure Gnassingbé”.

 

UFC – Un parti d’opposition ?

Malgré les critiques, le parti continue d’affirmer son appartenance à l’opposition togolaise.

“C’est fort de cette mue politico-idéologique (alternance pacifique et négociée, ndlr) ancrée dans une longue

et indéniable tradition d’opposition qui n’a jamais été trahie, mais qui a passé irréversiblement son cap de maturité que l’UFC réaffirme aujourd’hui son statut de parti de l’opposition, et par ricochet son droit inaliénable d’être représenté à la CENI” indique la liminaire d’ouverture de la conférence de presse.

“Nous ne comprenons pas pourquoi, sous prétexte de retour de l’ascenseur on veut nous opposer à l’ADDI. Nous disons que l’UFC, au même titre que le parti ADDI, a le droit d’être à la CENI. Et il faut que ce droit soit respecté” a martelé Dr Folly Gada, conseiller de Gilchrist Olympio interrogé après la conférence par Africa Full Success.

Face à la presse, les lieutenants de Gilchrist Olympio ont appelé la C14 (Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise, le principal vis à vis du pouvoir dans la crise politique actuelle, ndlr) qui leur conteste ce positionnement “à revenir sur terre pour accepter la réalité des textes qui fondent l’opposition togolaise”.

La déclaration du parti a déploré “l’attitude obscurantiste et négationniste d’une bonne partie de la classe

Isaac Tchiakpé, conseiller de Gilchrist Olympio (C) Ken LOGO

politique nationale qui s’est employée… à lui contester contre toute évidence son statut de parti d’opposition, et à refuser toute concertation constructive pouvant amener à trouver une solution pacifique et responsable aux problèmes de cette institution”

 

L’UFC prêt à quitter la CENI

C’est l’épine dorsale même du blocage du processus de sorti de crise actuellement en cours dans le pays. Me Homawo va t-il quitter la CENI ?

“Nous sommes des légalistes et nous avons déjà affirmé notre engagement à accompagner le processus de sortie de crise piloté par la CEDEAO. Si le comité de suivi de suivi nous le demande, malgré toutes les preuves que l’UFC est de l’opposition, parce que nous ne sommes pas partie prenante aux discussions de sortie de crise en cours avec le pouvoir, nous quitterons la CENI” a répondu Folly Gada 

Il ne reste qu’à attendre que le comité de suivi se regroupe au plus vite pour trancher cette affaire et faire évoluer le processus.

Ken LOGO

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