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Mali: Quand règne un climat de peur et d’insécurité dans le nord et le centre

Le climat généralisé d’impunité a été également aggravé par les dysfonctionnements chroniques de la justice avec les magistrats en grève depuis plus de 70 jours

Alioune Tine, l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, s’est déclaré jeudi très préoccupé par « la dégradation continue de la situation sécuritaire, et humanitaire au nord et au centre du pays » a rapporté APO dans un communiqué parvenu à la rédaction de ‘Africa Full Success’.

Le climat généralisé d’impunité a été également aggravé par les dysfonctionnements chroniques de la justice avec les magistrats en grève depuis plus de 70 jours. 

« Cette situation est due à l’absence de certaines autorités de l’État à Tombouctou, à Gao, à Kidal, à Mopti et à Ménaka, notamment l’absence du système judiciaire, administratif, de défense et de sécurité » a déclaré l’expert à la fin d’une visite de douze jours au Mali.

Au cours de son séjour, Alioune Tine a visité les régions de Bamako, Gao et Kidal et a rencontré des membres du gouvernement malien, des membres de l’opposition politique, des membres de la communauté internationale, des membres des forces armées maliennes et du CMA, ainsi que des représentants de la société civile et des chefs traditionnels.

Il accuse l’état de favoriser ce climat, parce que dit-il, ‘l’État n’a pas assuré son rôle régalien de protection des biens et des personnes et de traduire en justice les auteurs d’actes criminels »

Les faits symptômes de cette situation peuvent être égrainés point par point :

‘La recrudescence des confrontations entre membres de différentes communautés, les règlements de comptes, les assassinats ciblés, la pose des engins explosifs, les attaques des convois humanitaires, les enlèvements, les vols, les viols et les violences sexuelles commis sur les routes, et en villes impactent sur la vie, l’intégrité physique, la mobilité de personnes et sur leurs activées économiques. Même les femmes et les enfants ne sont pas épargnés par ces violences’.

332 400 enfants ont été privés du droit à l’éducation durant l’année scolaire 2017-2018. Les enseignants craignent pour leur sécurité, en particulier dans les zones où des groupes armés extrémistes seraient actifs.

« Aucune femme ne peut monter dans un bus entre Gao et Bamako sans risque de violence physique ou sexuelle » a indiqué Tine qui fini par formuler des recommandations.

Tine recommande à la communauté internationale de renforcer son engagement avec l’État malien pour qu’il puisse remplir ses obligations relatives à la protection des biens et des personnes, surtout concernant les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, auxquelles il faut absolument mettre un terme.

 Il présentera son rapport au Conseil des droits de l’homme en mars 2019.

Ken LOGO

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