L'Afrique Autrement

Assurance digitale : suivre le pas de l’évolution technologique en Afrique.

Les compagnies d'assurance ont désormais la possibilité de prévenir les risques, en mettant en place par exemple, des services d'assistance médicale et des services de mesure environnementale, et en se servant des objets connectés.

La modernisation des pratiques est un passage obligé dans le secteur des assurances en Afrique. Les anciens outils de communication tel que la machine à taper, le télégramme et le fax,  ont pratiquement fait place à de nouveaux modes de communication plus pratiques, simples, accessibles, instantanés et moins coûteux.

Cette évolution a profondément bouleversé les habitudes dans tous les secteurs d’activité. Y compris dans le secteur des assurances où, les défis de la modernisation restent entiers et reposent essentiellement sur la digitalisation des services et des prestations.

Comment comprendre la transformation digitale du secteur des assurances en Afrique ?

Atouts de la digitalisation

Siège de NSIA Assurance Togo (C) alome

Avec le développement de l’Internet et l’avènement des téléphones intelligents ou Smartphones, l’Afrique connaît un nombre sans cesse croissant de téléphones mobiles connectés. Pour une population de 1,231 milliards d’habitants, l’Afrique compte aujourd’hui 362 millions d’utilisateurs Internet, et 89% de mobiles connectés, selon un rapport de la fédération professionnelle des télécommunications, GSMA. Le même rapport précise que, le nombre d’abonnés mobile atteindra plus de 600 millions, d’ici à 2020.

Le téléphone mobile fait donc partie intégrante de la vie des populations africaines. Elles s’en servent pour entre autre, émettre des appels, envoyer des messages, épargner, envoyer et recevoir de l’argent, payer des factures, trouver une pharmacie de garde et surfer sur Internet. L’usage des réseaux sociaux – Whatsapp, Facebook et Youtube – occupe une bonne partie de leur quotidien. Le e-commerce ou le commerce en ligne est aussi entrain de prendre place en Afrique.

Tout ceci est la preuve que les populations africaines ont une expérience assez poussée dans l’utilisation du digital, ce qui constitue un atout fondamental pour la digitalisation du secteur des assurances.

Le deuxième atout est lié au fait que, ces populations disposent déjà dans leur majorité de Smartphones, principal outil de dématérialisation et d’interaction client. Un grand nombre de personnes possède aussi de Tablettes qui sont aussi en pleine expansion et qui vont devenir un enjeu majeur dans la transformation digitale.

Troisième atout, c’est l’extension géographique évolutive du réseau Internet, élément central de la digitalisation.

Et puis, un quatrième atout et pas des moindres, l’émergence d’une classe d’inventeurs intelligents. L’avènement du digital en Afrique a en effet, révélé des start-up qui proposent des solutions digitales innovantes, tel que des applications mobile et des logiciels de gestion de données, spécifiques à chaque compagnie d’assurance.

Le niveau élevé de pénétration du digital et le dynamisme du secteur des télécommunications en Afrique, crée donc un environnement propice à la transformation digitale du secteur des assurance. C’est en référence à tous ces atouts que Oliver Bäte, le président directeur général d’Allianz disait à l’ouverture de la 44ème conférence de l’assurance à Sun City en Afrique du Sud : ’Les conditions sont réunies pour que l’Afrique prenne le leadership dans l’assurance numérique’’.

Mais, transformation digitale pour quel intérêt ?

 

Valeurs ajoutées de la transformation digitale

Selon une étude réalisée par Markess et Infopro digital, 44 % des décideurs en assurance estiment que leurs entreprises ne sont pas assez mature pour le digital. Pourtant, les choses avancent très vite et les bénéfices de la digitalisation, aussi bien pour les clients que pour les compagnies, sont énormes et suffisamment démontrés.

Le digital offre de nouvelles opportunités pour développer la Relation Client. Il rapproche plus les clients des compagnies d’assurance en facilitant l’accès aux services, en réduisant la distance, en accélérant et en simplifiant les procédures. Donc, améliore la satisfaction client. Le digital favorise l’interaction entre la compagnie et les clients, à travers les réseaux sociaux, tel que Facebook, Twitter, Google – les plus utilisés en Afrique. Grâce au digital, une compagnie peut adapter ses offres à des cibles à faibles revenus ou éloignées, et cela élargit sa gamme de clientèle.

Siège de GTA -C2A Assurances Togo (C) autres presses

’L’assurance doit saisir les opportunités du numérique pour toucher le maximum de populations, même ceux qui sont dans les zones reculées ’, a déclaré Protais Ayangma, le président du cabinet de conseil en assurances P2A

Le Big Data et le digital sont considérés comme les socles de la transformation digitale des assurances. A la différence de la ‘’Base de donné ‘’, le Big Data permet d’enregistrer des données plus volumineux qui seront utilisées par la compagnie d’assurance pour mieux connaitre ses clients, afin de pouvoir leur proposer des produits plus adaptés à leurs besoins. Et cela permet de booster les ventes.

Les compagnies d’assurance ont désormais la possibilité de prévenir les risques, en mettant en place par exemple, des services d’assistance médicale et des services de mesure environnementale, et en se servant des objets connectés.

En interne, la transformation crée de nouveaux modes d’accès à l’information, de nouveaux postes comme le marketing digital et de nouveaux services ou business modèle qui vont rendre le travail plus professionnel et la compagnie plus compétitive.

’Toutes les grandes compagnies d’Afrique sont conscientes que la transformation de leur métier par le digital a déjà commencé et qu’elles doivent aller vite sur ce sujet si elles veulent encore compter dans les prochaines années, car une des particularités du digital est sa rapidité de transformation, et c’est encore plus vrai pour l’Afrique.’’, propos de Benoît Séaux, directeur des opérations et cofondateur de Baloon.

Le digital promet de beaux jours au secteur des assurances en Afrique. Mais la réussite de la transformation digitale dépendra en grande partie du choix du système d’information.  

 

Quel système d’information pour le secteur des assurances ?

En termes de système d’information, deux possibilités s’offrent aux compagnies d’assurance : le Progiciels de gestion et la Plateforme.

Le Progiciel est un logiciel standard, disponible sur le marché, et conçu par des multinationales de l’industrie du logiciel tel que MicrosoftOracleIBM. La mise en œuvre du Progiciel est lourde en termes d’investissement. Quand à la Plateforme, elle est soit un portail web, soit une application mobile, soit les deux combinés. Elle est spécifique à chaque compagnie et adapter à la cible. Cette solution est la plus utilisée en Afrique. Elle est simple et accessible. Elle est 

généralement proposée par des start-up à des coûts supportables.

Pour que la transformation digitale réussisse, le système d’information doit évoluer. Les compagnies doivent passer par exemple, de la Plateforme au Progiciel. Et ce processus doit impliquer les start-up aujourd’hui répandus sur le continent, et avec qui les compagnies d’assurance doivent nouer des partenariats.

Il existe aussi des entreprises spécialisées qui proposent des solutions nouvelles pour la migration vers le digital. Baloon Africa par exemple, propose aux compagnies d’assurance, un modèle innovant.

’Le modèle est la simplification, la dématérialisation et la sécurisation. Baloon offre la possibilité à tous de souscrire en toute sérénité, à tout moment et de partout, de façon sécurisée avec les conseils d’experts Baloon. Avec une photo de votre carte grise vous avez un tarif, puis le permis de conduire et la carte d’identité. Et si l’offre vous convient vous payez avec le mobile money, signez électroniquement et nous vous livrons l’attestation où vous le souhaitez !’’, explique Benoît Séaux.

Les compagnies doivent même aller au-delà du simple partenariat, et investir dans les start-up. Le Groupe Allianz présent dans 70 pays, est une référence aujourd’hui en matière de transformation digitale. Pour transformer Allianz en une entreprise digitale par défaut, centrée sur le client, le Groupe a créé un programme digital qui s’articule autour de plusieurs axes. Parmi ces axes, un clin d’œil est fait aux start-up. Il s’agit  de ’’Allianz X’’, un fonds incubateur que la société a doté de 500 millions de dollars pour quatre ans. Le fonds investit dans des start-ups prometteuses qui font partie des écosystèmes pertinents pour Allianz, tels que la propriété connectée, la mobilité connectée, la santé et la gestion des actifs.

Grâce aux systèmes d’information digital,  le secteur des assurances va vers plus de prévention et d’accompagnement avec notamment, le développement des objets connectés. Cependant, la transformation digitale fait face à quelques entraves.

  

Obstacles à la digitalisation

En dépit d’un environnement favorisé par un taux de pénétration élevé du mobile et de l’Internet, la transformation

Siège de Sunu Assurances Togo (C) alome

digitale du secteur des assurances fait face à plusieurs contraintes. Notamment, l’absence de modèle cible de transformation digitale, le coût élevé des investissements et la complexité de la dématérialisation. Il existe d’autres obstacles comme, la peur du changement chez les dirigeants et les équipes, le coût élevé et la durée de vie limitée des logiciels, et la faible traçabilité des données complexes. Les problèmes d’énergie et de connexion Internet, malgré des avancées, restent encore endémiques dans beaucoup de pays en Afrique subsaharienne. Cela constitue aussi une entrave à la transformation digitale.

Des obstacles subsistent aussi au niveau du cadre réglementaire en matière d’utilisation du Big Data. Entre autre, la confidentialité par rapport aux règles sur le respect de la vie privée, qui limite les possibilités d’utilisation des données personnelles.

La mutation vers le digital nécessite aussi de nouvelles compétences, que les compagnies d’assurance ne disposent pas forcément en leur sein. 

La transformation digitale du secteur des assurance en Afrique n’est plus une option. C’est un passage obligé, et toute compagnie qui a des ambitions pour le futur, doit suivre le pas de l’évolution technologique déjà en marche en Afrique. Sa survie en dépend. Car selon Klaus Schwab, fondateur et directeur exécutif du Forum Economique Mondial : ‘’ Dans le nouveau monde, ce n’est pas le gros poisson qui mange le petit ; c’est le plus rapide qui mange le plus lent’‘.

Fousseni Saibou

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