L'Afrique Autrement

Togo-Réconciliation: Le HCRRUN engage la seconde phase du programme des réparations 

 Le hcrrun avance à petit coup dans son programme de réparation à chaque fois que l'état lui alloue un peu des moyens dont il a besoin. 

​​​​Le haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale Hcrrun Togo a démarré mardi à Lomé la deuxième étape de son programme de réparation aux victimes vulnérables des violences que le pays a connu dans le passé.

Cette nouvelle étape est rendue possible grâce à un virement de 2.5 milliards de Fcfa sur le compte du haut commissariat, soit la moitié des 5 milliards de Fcfa alloués par l’état à la réconciliation nationale, au titre de l’année 2018.

« C’est grâce à ce fond que nous démarrons aujourd’hui cette seconde phase es réparations aux victimes des plus défavorisés et nous commençons avec celles de Lomé. En suite nous irons chercher celle de l’intérieur pour leur prise en charge ici. C’est à dire que pour cette seconde phase, tout se fera ici à Lomé au nouveau siège » a expliqué mardi, Awa Nana Daboya, présidente du HCRRUN à l’occasion d’un point de presse animé au siège de l’institution en marge de la cérémonie de lancement.

Pius Agbétomey, garde des sceaux et ministre de la justice, assistait à cette cérémonie sans prise de parole. Et comme au cours de la première phase, priorité sera donnée aux victimes vulnérables.

« Le HCRRUN maintient cette priorité aux victimes vulnérables, c’est-à-dire, celles qui portent des séquelles physiques et nécessitant une prise en charge médicale et psychologique. Elles avoisinent, suivant la base de données de la CVJR environ 444 victimes vulnérables dont de 123 victimes pour la période 1958-1989, 268 pour la période 1990-2004 et le reste concerne les victimes  de 2005, celles-ci n’ayant pas été retrouvées au cours de la première étape » a détaillé Awa Nana Daboya indiquant ces victimes seront prises en charge une à une « jusqu’à épuisement des 438 ».

438 à la différence de 444 victimes vulnérables identifiées par la CVJR, Commission Vérité Justice et Réconciliation, parce que six personnes, auraient succombé des suites de leurs séquelles entre temps.

« Pour les décédés, il suffit que les ayant-droits se présentent avec copie du faire part du décès de la victime, et ce qui était prévu pour elle leur sera remis » a souligné par ailleurs Awa Nana remerciant l’état d’avoir rendu tout cela possible.

Selon les informations reçues de HCRRUN, chaque victime, selon la gravité des dommages subits et conformément aux prescriptions de la CVJR, recevra entre « 1 million et 2.1 millions de FCFA ».

Chacune des victimes est entièrement prise en charge jusqu’à total rétablissement ou totale amélioration de son état de santé par l’ONG AIMES Afrique dont le président Dr Serges Michel Kodom était aux côtés de Awa Nana, la présidente du HCRRUN mardi.

Tout le processus sera placé sous l’accompagnement des personnes ressources et d’un huissier de justice qui garantie fiabilité du processus.

Awa Nana qui s’est fait de nouveau, porte-voix du gouvernement au démarrage de la seconde phase du programme de réparation mardi a renouvelé une fois de plus « le pardon du gouvernement aux victimes pour les manquements qui leur ont causé tant de torts et de préjudices ».

« Nous émettons surtout le vœu de voir cette nouvelle étape permettre de panser de nouvelles plaies et participer à la guérison les déchirures sociopolitiques qui n’ont que trop gangrené le vivre ensemble au Togo » a-t-elle déclaré

 Pour rappel, la première phase de ce processus de réparation aux victimes des violences connues par le Togo depuis 1958, avait commencé le 06 décembre 2017.

Ken LOGO

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