L'Afrique Autrement

Togo/affrontements: 3 morts et plusieurs blessés ce samedi (Opposition)

Les affrontements ont éclaté dans plusieurs villes du pays ce samedi au début des manifestations interdites par le gouvernement

L’opposition togolaise a confirmé samedi en début d’après midi la mort, certains par balles réelles, de trois de ses militants à Lomé à l’occasion des affrontements qui ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre et de défense au premier jour des marches anti législatives, interdites par le pouvoir.

L’information est donnée par Brigitte Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise jointe par la rédaction de Africa Full Success.

« Ces décès sont intervenus à Agoué Zongo et à Togblékopé à Lomé la capitale» a t-elle indiqué.

Elle a mis cette situation sur le dos du gouvernement qui s’entête à tenir des élections contre la volonté du peuple.

« Voilà où nous conduit l’entêtement de ce régime. C’est pour éviter tout ça que nous demandions que le processus électoral soit suspendu » a t-elle déclaré, Mme Adjamagbo-Johnson tout en affirmant par ailleurs que « les auteurs de ces tueries payeront de leurs actes le moment venu ».

Pour Brigitte Adjamagbo Johnson, « Ceux qui pensent qu’il suffit d’interdire des manifestations pour museler un peuple qui aspire à la liberté, doivent revenir à la raison ».

Et maintenant tout se fait selon la conscience de chacun, l’opposition maintient son programme anti législatives

« Nous irons jusqu’au bout » a lancé Brigitte Adjamagbo Johnson au téléphone avec Africa Full Success.

des blessés lors de la riposte de ce samedi (Photo obtenue sur les réseaux sociaux et vérifiées)

En effet, à Lomé comme dans plusieurs villes de l’intérieur du pays (Sokodé, Mango, Bafilo, Tchamba, Kpalimé etc…) les violences ont éclaté ce samedi entre les forces de l’ordre, de sécurité et de défense nationale et les militants de l’opposition qui tentaient de se regrouper pour des marches synchronisées auxquelles a appelé la C14.

Manifestations interdites par le gouvernement togolais, au motif que « elles constitueront un trouble à l’ordre public, du fait de l’annonce claire de la C14 d’empêcher la tenue des législatives », les regroupements sur toute l’étendue du territoire togolais ont été dispersés par coups de gaz lacrymogènes.

Les manifestants ont ripostés par jets de cailloux, dressés des barricades et brûles des pneus en bloquant les voies de circulations.

Aucun bilan officiel n’est encore dressé par le gouvernement de la situation qui a prévalu ce samedi dans tout le Togo.

Tout ceci se passe dans le pays alors que la campagne électorale en vue des législatives du 20 décembre est au 5e jour ce samedi.

La coalition des 14 partis de l’opposition qui n’a pas fait acte de candidature a clairement affirmé que ces élections n’auront pas lieu. Parce que le processus ne respecte pas la feuille de route de sortie de crise de la CEDEAO, Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Faux, soutient le gouvernement, qui dit que « rien ne peut empêcher la tenue des élections du 20 décembre ».

« Toutes les dispositions sont prises pour le tenue effective de ce scrutin avec ou sans la C14 » avait déjà soutenu dans la presse locale et internationale Gilbert Bawara, le porte parole du pouvoir.

Dans cette situation aussi tendue, la CEDEAO qui conduit depuis Février 2018 le processus de sortie de crise reste silencieuse.

Et à Lomé, toutes les confessions religieuses à l’exception de l’union musulmane, ont appelé cette semaine à un report du scrutin au nom de la paix.

Ken LOGO

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