L'Afrique Autrement

Togo / Journée « Togo-mort » : Lomé tourne au ralenti

- L'opposition veut suspendre le processus électoral, en cours, en vue des élections législatives du 20 décembre.

L’appel de la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise pour une journée Togo-mort a été largement bien suivi mardi à Lomé, a constaté le correspondant d’Anadolu sur place. 

A Lomé, au grand marché, les grandes boutiques sont restées fermées, tout comme dans les quartiers périphériques. Une certaine hésitation assortie de peur est visible chez des Togolais interrogés dans la capitale par Anadolu. 

« Moi je suis commerçant, mais je ne suis pas allé au marché parce que je ne sais pas ce que la journée va donner. Désormais tout est possible. C’est d’ailleurs pourquoi mes enfants ne sont pas allés à l’école », a confié Messanh Etsè, rencontré par Anadolu dans le quartier Kpota à Lomé vers 9h, mardi.

La circulation tourne au ralenti, ceux qui ont osé sortir reviennent se reposer. C’est le cas des conducteurs de taxi et de taxi-moto. 

Alex qui revient d’un tour de ville est plutôt déçu et furieux de la situation qui prévaut. 

« Nous sommes des particuliers, nous. C’est le peu que nous gagnons à la sueur de notre front qui nous fait vivre. Vous comprenez pourquoi, donc, on était obligé de sortir. Mais je viens de perdre mes 2 000 francs CFA comme ça. J’ai tourné en rond depuis le matin, et je n’ai rien gagné », a-t-il confié à Anadolu. 

En revanche, l’administration publique a ouvert, tout comme quelques petites boutiques. 

A l’intérieur, le constat fait par la presse nationale soutient aussi la thèse d’une journée assez bien suivie. 

La coalition des 14 partis de l’opposition contactée par Anadolu s’est réjouie d’un « appel largement suivi » et informe qu’elle annoncera, en fin de journée, « des actions futures pour mettre en difficulté la campagne électorale » et faire échec au processus électoral, en cours, qui s’achemine vers des législatives du 20 décembre. 

L’opposition togolaise a appelé à cette journée « Togo mort » en protestation contre « un processus électoral unilatéral, contraire aux dispositions de la feuille de route de sortie de crise qui prévoit, avant toute élection, des réformes constitutionnelles et institutionnelles dont la limitation du mandat présidentiel à 2 fois 5 ans maximum et la réformes de la Cour constitutionnelle. 

Elle continue d’appeler à un arrêt du processus électoral, en cours, au moment où démarre, ce mardi, la campagne électorale en vue des législatives du 20 décembre. 

Durant deux semaines, les 850 candidats répartis sur 130 listes iront à la conquête des 3 millions de Togolais inscrits sur le fichier électoral. 

91 députés devraient être élus au soir du 20 décembre pour le renouvellement du parlement togolais. 

A noter que la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise n’a pas présenté de candidats à ces élections. Elle soutient pourtant qu’elle n’est pas dans une stratégie du boycott, mais réclame des conditions optimales pour sa bonne tenue, sans quoi, ces élections n’auront pas lieu. 

La campagne électorale se déroulera sous la supervision d’une force spéciale de police et de la gendarmerie dénommée FOSE, Forces sécurité, élections composée de 8000 hommes placés sur l’ensemble du pays. 

Ils ont pour rôle jusqu’à la proclamation du résultat final par la cour constitutionnelle, d’assurer la sécurité des candidats, du matériel électoral, des centres de vote, des Commissions électorales, bref de l’ensemble du processus électoral en cours au Togo.

Source: Anadolu

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.