L'Afrique Autrement

Togo/DDH: L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, appelle tous ses partenaires à agir pour la libération de Folly Satchivi

L’Observatoire condamne fermement la condamnation de M. Folly Satchivi, qui ne vise qu’à sanctionner ses activités pacifiques de défense des droits civils et politiques au Togo.

Cet appel a été publié hier 18 Janvier sur le site de la FIDH au sujet de la détention sur condamnation du Président du Mouvement en Aucun cas Folly Satchivi. Africa Full vous le reprend. 

Bonne lecture

……………………………………………………………………………………………………………………………………….. ……………..

 

Nouvelles informations
TGO 001 / 0418 / OBS 049.2
Condamnation / 
Détention arbitraire / 
Harcèlement judiciaire
Togo
18 janvier 2019L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FIDH, a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Togo.

Nouvelles informations :

L’Observatoire a été informé de sources fiables de la condamnation de M. Folly Satchivi, responsable du mouvement « En aucun cas » [1].

Selon les informations reçues, le 16 janvier 2019, le Tribunal correctionnel de Lomé a condamné M. Folly Satchivi à 36 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour « apologies de crimes et délits » et « trouble aggravé à l’ordre public » (Articles 552-1 et 495-3 du nouveau Code pénal), suite à l’organisation, le 22 août 2018, d’une conférence de presse à Bè-Gakpoto à Lomé sur la feuille de route de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) concernant la crise politique au Togo (voir rappel des faits).

L’Observatoire condamne fermement la condamnation de M. Folly Satchivi, qui ne vise qu’à sanctionner ses activités pacifiques de défense des droits civils et politiques au Togo.

L’Observatoire réitère ses vives inquiétudes quant au contexte général d’intimidations à l’encontre des défenseurs des droits humains au Togo, et rappelle que trois autres défenseurs des droits de l’Homme, MM. Messenth KokodokoJoseph Eza, membres du mouvement citoyen NUBUEKE [2] et Johnson Assiba [3], président du Regroupement des jeunes africains pour la démocratie et le développement, section-Togo (REJADD-Togo) [4], sont également détenus dans la prison civile de Lomé en raison de leurs activités de défense des droits de l’Homme.

Rappel des faits :

Le 22 août 2018, M. Folly Satchivi a été interpellé par le SRI alors qu’il se rendait à une conférence de presse organisée par le mouvement « En aucun cas ». Le même jour, le SRI a fouillé sa maison et le bureau de l’organisation “Novation Internationale”, où ils ont confisqué du matériel de travail et des t-shirts du mouvement.

Le 24 août 2018, M. Satchivi a été déféré au Parquet et incarcéré à la prison civile de Lomé, où il reste détenu à ce jour. Il n’a pas pu bénéficier de la présence de son avocat.

Le 9 janvier 2019, le procureur près le Tribunal correctionnel de Lomé a requis une peine de quatre ans de prison ferme à l’encontre de M. Folly Satchivi.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités togolaises en leur demandant de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique de M. Folly Satchivi et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Togo ;

ii. Procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de M. Folly Satchivi et de l’ensemble des défenseurs des droits humains détenus au Togo ;

iii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Folly Satchivi ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Togo ;

iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à ses articles 1, 5 (b) et 12.2 ;

v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le Togo.

Adresses :

· S.E. M. Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République du Togo, Email : dircomprtogo@gmail.com Twitter : @FEGnassingbe
· M. Pius Agbetomey, Ministre de la Justice, chargé des relations, avec les institutions de la République, Fax : +228 22 22 29 06 / +228 22 21 54 91 Courriel : minisjutice@gouv.tg / minjusticetogo@yahoo.fr, Twitter : @MinJusticeTG
· Col. Damehane Yark, Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Fax : +228 22 22 61 50 / +228 22 22 21 84
· S.E. M. Yackoley Kokou Johnson, Ambassadeur, Mission permanente de la République du Togo auprès des Nations unies à Genève, Suisse. Fax : 022 566 83 05 E-mail : info@mission-togo.ch / missiondutogo.geneve@yahoo.fr

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Togo dans vos pays respectifs.

***
Genève-Paris, le 18 janvier 2019

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toute action entreprise en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire partenariat de la OMCT et de la FIDH, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Pour contacter l’Observatoire, appeler la ligne d’urgence :
E-mail : Appeals@fidh-omct.org
Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80

[1] Le mouvement « En aucun cas » milite pour le retour à la Constitution de 1992 laquelle prévoyait une limitation du nombre de mandat présidentiel à seulement deux mandatures.
[2] Le mouvement Nubueke est un mouvement citoyen pacifique qui milite pour des élections équitables et une limitation à deux exercices du mandat présidentiel.
[3] Voir l’Appel Urgent de l’Observatoire TGO 001 / 0418 / OBS 049.1, publié le 15 janvier 2019.
[4] REJADD-Togo est une organisation qui dénonce les violations des droits humains au Togo et qui dispose du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) depuis 2016. Elle est par ailleurs membre du CACIT.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.