Togo/Justice: Joseph Eza et Messenth Kokoroko de retour chez eux

Ils ont bénéficié ou de la grâce présidentielle ou sont libérés provisoirement

Joseph Eza et Messenth Kokoroko ont quitté la prison et effectivement retrouvé leur famille ce jeudi à la faveur de la décision prise mercredi en conseil des ministres, d’accorder à certains prévenus qui croupissent dans les prisons, soit une grâce présidentielle ou une liberté provisoire.

Ils font partie des 44 personnes dont Faure Gnassingbé, le chef de l’état Togolais a ordonné la libération.

Joseph Eza et Messenth Kokoroko sont des militants du mouvement NUBUEKE, créé en 2015 dans le but de travailler à l’éveil citoyen. Dans ce sens, le mouvement a toujours mené depuis sa création des activités de sensibilisations citoyennes sur la citoyenneté responsable, une sensibilisation sur le bien-fondé de connaître la Constitution togolaise etc… Dans le cadre des manifestations de la C14 pour un retour à la constitution de 1992 sous le slogan général des mobilisations “Faure Mus go”, NUBUEKE a été aussi présent. Et c’est justement dans leur engagement dans leur mésaventure a commencé.

Arrêtés au cour de la deuxième quinzaine du mois d’octobre 2017, il sera retenu contre eux et publiquement annoncé le 29 Octobre, diverses charges “groupement de malfaiteurs, troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, menace et violence envers les représentants de l’autorité publique, destruction volontaire par incendie de bien publics, détention illégale de matériel militaire, complicité de toutes les infractions ci-dessus”.

Et depuis, ils ont été maintenus en prison sans jugement malgré les divers appels et demandes de libération provisoire introduites par leurs avocats.

Il reste le cas Johnson Assiba le Président du Réseau des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement-REJADD, qui a été lui jugé et condamné à 18 mois de prison dont 6 mois avec sursis “pour propagation de fausses nouvelles, outrage aux autorités et appel au génocide”. Des faits que l’homme n’a jamais reconnus.

Ayant séjourné dans le nord du pays pendant la crise débutée le 19 août 2017, Johnson a cosigné un rapport sur la répression des manifestation en sa qualité de président d’une organisation de défenses des droits de l’homme, faisant état d’une centaine de morts dans les répressions, alors qu’officiellement, il n’y aurait eu qu’une dizaine en tout.

Le gouvernement avait jugé de “tendancieux” ce rapport en promettant une suite judiciaire.

Assiba Johnson doit aussi bénéficier d’une grâce présidentielle selon ses avocats. 

De même pour Folly Satchivi, le président du mouvement en aucun cas, condamné il y a deux semaines à 36 mois de prison dont 12 avec sursis pour « apologies de crimes et délits » et « trouble aggravé à l’ordre public » (Articles 552-1 et 495-3 du nouveau Code pénal), suite à l’organisation, le 22 août 2018, d’une conférence de presse à Bè-Gakpoto à Lomé sur la feuille de route de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) concernant la crise politique au Togo. Ses avocats ont interjeté appel. 

Ken LOGO

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