Togo/Manifestation du PNP du 13 Avril: La LTDH condamne “un appel à la violence” des chefs canton de la Préfecture de Kloto

Ils ont à la suite de l'annonce, menacé de faire sortir les chasseurs traditionnels dénommés « Abrafo » pour empêcher les manifestations dans la ville de Kpalimé

La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme – LTDH condamné lundi soir dans un communiqué, “un appel à la violence” des chefs cantons de la préfecture de Kloto qui, le weekend dernier se sont opposés clairement à la tenue de la marche du Parti National Panafricain de Tikpi Atchadam dans la ville de Kpalimé le 13 Avril prochain, menaçant de sortir les abrafos pour empêcher cette manifestation.

Pour réclamer la mise en oeuvre totale de la feuille de route de la CEDEAO pour une sortie de crise au Togo, qui prend en compte dans une large dimension, la résolution des problèmes politiques surtout s’agissant des réformes politiques, le PNP a prévu reprendre un cycle de manifestations ce 13 Avril dans plusieurs villes de manières synchronisées, y compris la ville de Kpalimé.

L’annonce de cette manifestation a été faite il y a deux semaines déjà, mais ce week end, à une semaine de la date, les chefs cantons ont opposé un refus à la tenue de ces expressions de mécontentement sur leur sol.

“Ils ont menacé de faire sortir les chasseurs traditionnels dénommés « Abrafo » pour empêcher les manifestations du Parti National Panafricain (PNP) projetées pour le samedi 13 avril 2019 dans la ville de Kpalimé”.

La ligue togolaise pour les droits de l’homme accueille avec “grande stupéfaction et profonde indignation” ces déclarations et rappelle que “la liberté de réunion et de manifestation pacifique publique est une liberté fondamentale reconnue et protégée par l’article 30 al.1 de la Constitution du 14 octobre 1992.

Cet article dispose en effet que « l’Etat reconnait et garantit dans les conditions fixées par la loi, l’exercice des libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifique et sans instruments de violence ».

Et “l’exercice de cette liberté de réunion et de manifestation pacifique a été effectivement réglementé par l’Etat togolais à travers la Loi N° 2011-010 du 16 mai 2011 qui en fixe les conditions d’organisation. Ensuite, la mise en œuvre de cette loi sur les manifestations pacifiques publiques ne relève nullement de la compétence du Préfet lorsqu’une manifestation est prévue pour se tenir dans une commune” rappelle le communiqué de la LTDH.

Depuis quand la réglementation des manifestations relève de la chefferie traditionnelle?

Question fondamentale qui n’échappe pas à la LTDH. La ligue est donc étonnée de cette intervention des chefs cantons.

La ligue dénonce des “menaces” des chefs traditionnelles. Menaces qui, selon cette organisation de défense des droits de l’homme du Togo “semble recevoir le soutien et la caution du préfet de Kloto”.

En tout cas, rappelle la ltdh, ‘ces menaces’ constituent un véritable appel à la violence. 

“De plus, le fait de déclarer que les natifs de Kloto ne participent jamais aux manifestations organisées par les partis politiques de l’opposition, notamment le PNP, constitue des propos xénophobes punis par la loi et que nul ne saurait tolérer sur la terre de nos aïeux, patrimoine commun de tous les togolais quelles que soient leur origine, leur ethnie, leur religion, leur rang social et leur appartenance politique” soutient Me Célestin Agbogan, Président de la ligue, signataire du communiqué.

La LTDH condamne donc avec la dernière rigueur cette machination, cette instrumentalisation et cette politisation de la chefferie traditionnelle à travers ce complot qui se trame contre le peuple togolais en général et les populations du grand Kloto en particulier et invite ceux-ci à se mobiliser pour barrer la route à toute personne animée d’une volonté tendant à semer un climat de tension sur quelque partie que ce soit du territoire national ; car aucun peuple ne peut renoncer par avance à ses droits.

La Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH) met en garde les signataires de cette fameuse lettre contre les conséquences néfastes et regrettables qui risquent de découler de leurs menaces de faire déverser dans les rues de Kpalimé le 13 avril prochain, les chasseurs traditionnels (Abrafo) dont le rôle se limite uniquement à la protection des us et coutumes des localités concernées.

“La Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH) qui a toujours assuré le monitoring des droits de l’homme durant les manifestations publiques organisées par l’opposition togolaise à Kpalimé, invite donc le gouvernement et les autorités administratives locales à prendre toutes les dispositions responsables pour faire encadrer la manifestation projetée afin que tout se déroule dans de bonnes conditions comme ce fut toujours le cas lors des manifestions pacifiques qui y sont antérieurement organisées par l’opposition togolaise. Car procéder autrement serait porter une grave entrave à la liberté de réunion et de manifestation proclamée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Constitution togolaise” a conclu Agbogan

Ken LOGO.

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